Oui, je l’avoue. Parfois, il m’arrive d’aller déjeuner avec mon esthéticienne…

Je sais. Ça peut sembler étrange de dire à son amoureux, une fois la main sur la poignée de porte « Bye chéri, je m’en vais luncher avec l’esthéticienne! » Pourtant, à mes yeux, c’est aussi légal que de se faire dire « Bye mon amour, je reviens de chez Seb dès que le match de hockey sera terminé! »

En d’autres mots, devenir l’amie de son esthéticienne est une évidence. Une suite logique que le destin ne pourra jamais contourner. Pourquoi? C’est fort simple.

Depuis des années, tous les mois (ou aux trois semaines, selon la saison), je me réfugie chez l’esthéticienne. Les jours précédents mon rendez-vous, je ne m’endure plus. Lorsque le jour J arrive, je ne me contiens plus! Dès que je franchis la porte, l’exquise odeur des huiles essentielles m’envoûte. Je deviens alors la fille que j’ai toujours aspirée être… La fille zen. Vous savez, celle qui respire, qui parle tout doucement?

J’enlève mon pantalon, mon chandail, ma gêne, mon orgueil, mes tracas du quotidien et j’enfile un peignoir. Étendue sur une longue chaise, la séance chez la psy peut maintenant commencer.

Première étape, l’épilation. Pendant que la cire chauffe, on se met rapidement à jour (en quatre semaines, laissez-moi vous dire qu’il s’en passe des choses dans la vie d’une femme!)  Au moment où l’on se rend compte que la cire fait des bulles tellement elle est bouillante, on débute. Une bandelette, un sujet. Nouvelle rencontre, suggestion de livre, maux de ventre, découverte d’un restaurant, belle-famille, potins hollywoodiens, enfants… tout y passe! Ou plutôt, tout le monde y passe!

Deuxième étape, l’électrolyse. Ce moment fatal où ton esthéticienne s’installe derrière une immense loupe, aiguille en main. Une ligne de sourcil, une confession. Les petites larmes de douleur qui perlent les yeux laissent place à des petites larmes de bonheur ou de fou rire.

Les émotions maintenant à fleur de peau, mon esthéticienne me ressaisit en me couvrant d’une compresse d’eau froide. Elle m’enduit ensuite avant d’une crème légère. Un baume pour la peau, et le cerveau!

Je renfile mes vêtements et sors de la cabine, fraîche comme une fleur. Je respire, je parle tout doucement, bref, je suis zen. Je prends alors un rendez-vous pour le mois prochain, et un rendez-vous pour un déjeuner, la semaine suivante.

Car le véritable problème avec les soins esthétiques (et l’épilation en particulier) est le suivant : plus les années avancent, plus la durée de la séance est courte. Paradoxal, alors qu’en amitié : plus les années avance, plus la durée de la séance est… longue! Surtout lorsqu’il s’agit d’une fille qui te connait… au poil près!

Alors, voilà. Hier matin j’ai dit, la main sur la poignée de porte « Bye chéri, je m’en vais luncher avec l’esthéticienne! »

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